La Seconde Commune de Paris (18 mars-28 mai 1871)


Après un mois et demi d'absence, je reviens avec de nouvelles questions en suspens... Dernièrement, mes recherches se sont arrêtées à Paris au XVIIIème siècle mais un épisode historique violent a conduit à la destruction des actes B-M-S de la ville. Afin de m'éclairer personnellement et, je l'espère, de vous éclairer sur ce que j'appellerais un massacre (tant humain que matériel), j'ai concocté un article plus ou moins complet sur la Seconde Commune de Paris de 1871. Ceci est ma première version, susceptible de bouger à la suite d'avis et de critiques de lecteurs potentiels !

L'Empereur français Napoléon III et le chancelier de Prusse, Otto von Bismarck

En juillet 1870, la guerre est déclarée par l'Empire français (sous Napoléon III) à l'Empire de Prusse que commande Otto van Bismarck. Mal préparée et mal conduite, la guerre est lourde de pertes pour les français. Alors que les allemands compte près de 50 000 morts dans leur rang, c'est près de trois fois plus de tués dans le camp français (quasi 140 000). 

La capitulation de Sedan et la capture de l'Empereur Napoléon III le 2 septembre 1870 provoque, deux jours plus tard, la déchéance de d'Empire français. En effet, Léon Gambetta proclame la Troisième République à l'Hôtel-de-Ville. La guerre n'est néanmoins pas terminée ! Un Gouvernement provisoire de la Défense Nationale afin de poursuivre la guerre contre la Prusse.

L'armée française est en déroute mais les troupes allemandes avancent, atteignent Paris le 19 septembre et l'assiègent jusqu'à la capitulation française au soir du 26 janvier 1871. 
Les parisiens sont coupés du reste du pays. Des stocks de nourritures avaient pu être réalisé mais s'épuisent rapidement. Un rude hiver s'abat sur la région, allant jusqu'à une température de -12°C en décembre.
Durant 4 mois, la famine et le froid tuent. En janvier, les bombardements allemands sur la ville aggravent la condition des parisiens.

Le siège de Paris, par Jean-Louis-Ernest Meissonier

Le 18 janvier 1871, l'empire allemand est proclamé dans la galerie des glaces du chateau de Versailles, avec à sa tête l'Empereur Guillaume 1er.

Le 28 janvier 1871, Jules Favre (ministre des Affaires étrangères, et vice-président du Gouvernement provisoire) signe un traité avec Bismarck convenant d'un armistice de 21 jours mettant fin au siège de Paris.
Néanmoins, Bismarck ne souhaite pas signer un armistice permanent avec ce gouvernement provisoire français. Il demande la mise en place d'un gouvernement émanant d'une assemblée representative, élue par les français. Jules Favre appelle les français aux urnes le 8 février prochain. 

Le 8 février 1871, les français votent. L'Assemblée nouvellement élue est majoritairement monarchiste. Ce vote, contradictoire avec IIIème république s'expliquerait par l'envie des français (surtout ceux des campagnes) d'en finir avec la guerre franco-prussienne, déjà perdue pour les plus lucides.
Cette assemblée met en place un nouveau gouvernement, présidé par Adolphe Thiers. Le gouvernement s'installe à Versailles.

Les communards (parisiens), ne sont pas de cet avis et souhaitent continuer la guerre. Les 4 mois de siège qu'ils ont vécu les ont doté d'un réflexe patriotique important. Ils refusent catégoriquement de donner la victoire aux allemands.

Le Gouvernement Thiers redoute les agissement de la garde nationale, armée autonome composée d'environ de plus de 300 000 hommes en âge de combattre. Pour réprimer son pouvoir, il supprime la solde que recevait chaque homme de la garde nationale (30 sous par jour).


Le 18 mars 1871, Adolphe Thiers (réfugié à Versailles) décide d'envoyer des troupes à Montmartre et Belleville pour récupérer des canons de la garde nationale y entreposés et ainsi la désarmer. Les parisiens refusent et s'emparent de l'Hotel-de-Ville dans la journée. Deux généraux versaillais sont fusillés. C'est l'insurrection.

Costumes militaires de la Commune d'après nature
par A. Raffet.
Le 26 mars 1871, ils organisent l'élection du conseil de la Commune qui siège à l'Hôtel-de-Ville. Deux jours plus tard, Gabriel Ranvier proclame la naissance Commune devant l'Hôtel-de-Ville de Paris orné pour l'occasion d'un drapeau rouge. Notons le rappel à la Commune de Paris de 1792 (pendant la Révolution Française).

Les communards préparent une révolution sociale. Les Ils veulent changer la société en instaurant ou en améliorant :
- l'instruction gratuite et laïque ;
- la séparation de l'église et de l'état ;
- la suppression de la police et de l'armée;
- la liberté de la presse ;
- la protection de l'enfance ;
- le protection de la vieillesse
- la protection des travailleurs ;
- les soins pour tous.

Les tensions persistent entre les versaillais et les communards. 
Le 3 avril 1871, les communards tentent de s'emparer de Versailles. Cette tentative est brouillonne. L'armée de la Commune ne disposant plus de sous-officiers ni d'officiés expérimentés, le commandement des troupes est mauvais. La bataille n'est pas préparée : seuls 6 000 soldats de la Commune partent, avec un nombre insuffisant de canons (qu'ils possèdent en nombre, rappelons-le, à Montmartre et Belleville...). Surpris par les tirs de la batterie versaillaise, 4 500 soldats font volte-face et rentrent à Paris. La bataille de Rueil est rapidement gagnée par les versaillais.

Pendant ce temps, le gouvernement Thiers poursuit les négociations avec Bismarck pour conclure la paix.
Le 10 mai 1871 est signé le traité de Francfort entre l'Allemagne et la France. La France perd l'Alsace et la Lorraine et doit payer une indemnité de 5 milliards de franc-or à l'Allemagne.

Le 16 mai 1871, une cérémonie est organisée pour la chute de la Colonne Vendôme demandée par Gustave Courbet. Elle est tombée à 17h30. Sa reconstruction sera commandée par le maréchal Mac-Mahon, nouveau président de la République en mai 1873 aux frais de Gustave Courbet (soit 323 000 francs à moyen de 10 000 francs pendant 33 ans). Gustave Courbet meurt la veille recevoir la première traite à payer.

Chute de la colonne Vendôme (photographie de Franck).

Le gouvernement Thiers est décidé à mettre fin à l'insurrection.
Depuis avril-mai, les parisiens préparent la bataille en construisant des barricades. Sur le papier, c'est 200 000 gardes nationaux près à se battre. En réalité, ils ne sont qu'environ 100 000 à la veille de l'attaque. Au final, on parle d'une armée de seulement 10 000 soldats pour la Commune...

Les versaillais lèvent, de leur côté, une armée composés de combattants de la guerre franco-prussienne. Grâce à des négociations avec Bismarck, ils pourront lever environ 150 000 soldats, bien préparés mentalement à se battre contre les communards.

Le 21 mai 1871, les versaillais entrent discrètement dans Paris par la porte de Saint-Clou. Ainsi débuté la "Semaine Sanglante". Au bout de 3 jours de combats, les communards ont perdu la moitié de la ville que les versaillais prennent quartier par quartier. L'Hôtel-de-Ville, les tuileries et le palais de justice sont incendiés et entièrement détruits. Paris est à feux et à sang.

Les versaillais ne font pas de prisonniers. Les communards et les hommes de la garde nationale sont fusillés. De leur côté, les communards exécutent des otages (moins d'une centaine). En une semaine, les combats font entre 20 000 et 30 000 victimes.

L'Hôtel-de-Ville de Paris incendié, cliché d'Alphonse Liébert

La violence de la Semaine Sanglante est telle que les idées socialites disparaissent pratiquement en France jusque dans les années 1905.

Les monarchistes, divisées entre deux dynasties (les Orléanistes, partisans de la maison d'Orléans, et les Légitimistes, partisans de la maison Bourbon) ne parviennent pas à réinstaurer la monarchie. Adolphe Tiers, républicain, en profite pour pousser les monarchistes vers la république bourgeoise...


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