Georges (1894-26 mai 1915) : la bataille d'Aix-Noulette

Georges Albert Gustave Ferdinand (ou plus simplement, Georges) est le dernier d'une fratrie saint-jeannaise de quatre garçons. Né à Précorbin, il passe son enfance à Saint-Jean-des-Baisants jusqu'à qu'il parte à Saint-Ébremond pour y être charpentier.

Le 1er septembre 1914, alors que l'Allemagne et la France sont déjà en guerre depuis un mois, il fête son 20ème anniversaire.

Comme un grand nombre de "Ceux de 14", son arrivée au front semble avoir été hâtée. Le 9 septembre, il est incorporé au 28e régiment d'infanterie et arrive au corps en tant que soldat de 2nde classe le même jour.

Heureusement (ou malheureusement) pour lui, les 7 mois qui suivent se passent sans blessures et sans maladies (aucune n'est consignée sur sa fiche matricule).

Le 15 mai 1915, le 28ème régiment se porte à Aix-Noulette, dans le Pas-de-Calais. Tel un crescendo, les combats d'intensifient jusqu'à atteindre leur point culminant lors de l'offensive française du 25 au 26 mai. Georges fait alors partie de la 6ème compagnie, dans le 2ème bataillon du 28ème régiment d'infanterie.

L'offensive est un échec. Les pertes sont considérables. Au soir du 26 mai, les pertes des 2 jours sont inscrites dans le journal de marche officiel du 28e RI et dénombrent 81 officiers et 848 hommes tués, blessés ou disparus. Le soldat de 2nde classe Geffroy, Georges, est l'un des 166 disparus aux côtés des 72 tués.

Six ans après, son décès est fixé au 26 mai 1915, date de sa disparition, par jugement.

Dans la famille, mes cousins savent son histoire plus ou moins. Celle susceptible d'en savoir un peu plus est ma grand-tante. Je n'ai malheureusement pas eu le temps de lui en parler ni de voir avec elle les photographies en sa possession, peut-être y est-il ? Il faudrait également que je contacte les descendants de ses frères aînés. Manifestement, il va me falloir un créneau pour y retourner...

Fiche relatant la mort "tué à l'ennemi" de Georges
(Mémoire des hommes)
Extrait du JMO du 28e régiment d'infanterie, pertes du 26 mai 1915
(Mémoire des hommes)

Aujourd'hui, une stèle témoigne de son sacrifice : le monument au mort de Saint-Jean-des-Baisants.

Monument aux Morts pour la France de Saint-Jean-des-Baisants
(Manche)

Sources :
- Archives départementales de la Manche, rubrique "Recherche dans les matricules militaires"
- Mémoire des Hommes
- Sur les pas d'Adolphe Orange, 28ème régiment d'infanterie (également tué le 26 mai 1915)
- Le parcours du combattant de la guerre 1914-1918
- La double hécatombe de la classe 1914, étude de François Héran, rapportée par Véronique Tison

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