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Saint-Lô, ruinée pour la Libération

Trouver des noms et des dates, c'est bien. Les compléter d'une histoire et d'un contexte, c'est mieux. C'est pourquoi je m'intéresse à un évènement dont tout généalogiste cherchant dans la Manche est confronté : la bataille de Normandie.


Le 17 juin 1940, le maréchal Pétain demande aux français de "cesser les hostilités". Dès le lendemain, les allemands prennent la ville de Saint-Lô. Débutent alors quatre années d'Occupation allemande.


Le soir du débarquement (du 6 au 7 juin 1944, dite "la nuit du feu"), les américains bombardent Saint-Lô, carrefour stratégique, pour ralentir les déplacements des renforts allemands jusqu'au front de libération. L'efficacité de l'attaque est bien relative : les troupes allemandes trouvent très vite un moyen de contourner la ville.

La gare de Saint-Lô, visée par les premiers bombardements des Alliés, 1944
(Wikimédia Commons)


Des tracts d'avertissement avaient été larguées pour les saint-lois mais ceux-ci ont été dispersés par le vent et n'ont pas atteint la ville. Ces bombardements surprises font plus d'un millier de victimes dont environ 400 tués.
Le lendemain, la BBC appelle la population saint-loise ne l'ayant pas encore fait à évacuer la ville. Cet appel ne sera néanmoins pas entendu, les allemands ayant confisqué les postes de radio.

De nouveaux bombardements américains ont lieu sur Saint-Lô le 9, 10, 12, 13 et 22 juin. Pourquoi cet acharnement ? Entre nécessité, "erreur" ou "bombardement terroristes", les opinions divergent. Peu importe, c'était pour libérer la France.

Le 17 juillet 1944, les Alliés atteignent la ville à pieds. Les combats pour reprendre la ville abandonnée par ses habitants, débutent. Cette fois, les bombardements prennent leurs origines des allemands qui défendent leurs positions. La cathédrale Notre-Dame reçoit le coup de grâce lors de ce combat.

L'église Notre-Dame de Saint-Lô, 1944
(Wikimédia Commons)

Saint-Lô est libérée. Les habitants retrouvent leur maison soit rasée, soit détoiturées pour ceux qui avaient le plus de chance.


Grand nombre de bâtiments administratifs et de monuments sont détruits, dont les Archives Départementales de la Manche, incendiées. Mille ans d'Histoire manchoise partent en fumée lors de la nuit de feu et 40 ans de travail ont été nécessaire pour reconstituer ce qui était reconstituable.

Pour nous généalogistes, c'est toutes les grosses (entre autres) d'avant guerre qui sont perdues, tandis que certaines minutes des communes manchoises sont également abîmées (comme l'en témoigne mon dernier article).

Au total, le chiffre de destruction couramment avancé est de 95% des constructions.

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Max et Jean ROBIN (12 et 8 ans) devant les ruines de Saint-Lô, 1944
(Flickr, par PhotosNormandie)

En 1948, la commune de Saint-Lô, décrite comme la "Capitale des Ruines", reçoit de la médaille de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre 1939-1945.


Sources :
- Saint-Lô : ils ont vécu la Libération, par Amélie Bonté, France Bleu
- Extrait du livre "Les victimes civiles de la Manche"
- Invasion allemande du Cotentin (1940), Wikimanche
- Saint-Lô au bucher, par Georges Bernage

Ce billet a été écrit par mes soins après plusieurs jours de recherches sur le net. Je suis toute ouïe aux remarques sur ce qui est écrit, tant sur le contenu que la forme.

Commentaires

  1. Bon article sur la destruction de St Lo. Je suis guide en Normandie, surtout sur la seconde guerre mondiale. N'hésitez pas si tu as des questions ☺️

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    1. Bonjour et merci ! Je suis contente de ne pas avoir dit trop de bêtises !! Je note 😁

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